ALGER
UN PASSE DANS LE PRESENT

Berceau des grandes civilisations, tel a été décrite Alger
Entre Tanger et Bizerte, Alger est épinglée à la pointe de l’ensemble maghrébin. Les deux villes, Oran Constantine, lui sont à peu prés équidistantes. Sur la côte ouest de sa baie en forme de faucille, Alger s’étale à flanc de collines. Dans cet estuaire dressé, l’exploration de la ville réserve d’incessantes surprises. On grimpe, dégringole, dérive par un réseau de boulevards, rues et venelles, villas, palais, immeubles, cités ; on longe et on retrouve la mer à l’immensité de laquelle la ville oppose son abondance. Berceau des grandes civilisations, ainsi a été décrite Alger
Chercheurs, voyageurs, aventuriers, représentants civils ou militaires en poste dans cette ville, tous ont consigné des notes ou récits personnels, leurs impressions, leur façon de concevoir et ont rendu compte de leur vécu dans ce royaume. Cette tradition à donné naissance à une école d’histoire, dans laquelle les historiens puisèrent pour reconstituer chronologiquement les riches événements d’une ville appelée Alger.
Aufil des trois mille ans, Alger n’a eu que deux appellations : la première, lcosium, fut donnée par les phéniciens. Ce nom a eu de multiples interprétations : « îles des hiboux ou des épines ». On lui prête aussi pour origine Eikosi, dérivé du chiffre grec vingt. La légende veut qu’Hercule et ses compagnons y ont séjourné et édifié des murailles à cette occasion. Mais toutes les sources s’accordent sur la présence phénicienne, premiers habitants ou occupants connus d’lcosium.
C’est vers le Xe Siècle que commence la véritable naissance d’Alger. La belle Iocosium s’efface pour céder la place à une nouvelle histoire, celle d’El-Djazair Beni Mezghznna. Séduit par la présence d’îlots qui formaient un assez bon mouillage naturel, un certain émir, bologhine Ibn Ziri, fonda le premier noyau de la ville et lui donna le nom de sa tribu « El-Djazair-Gharb », les îles de l’Occident. Plus tard, les îlots ont disparu avec les travaux du port. Cette neuve Alger va connaître les tumultes de l’histoire et de nombreux régimes, à l’image des faits passés dans toute l’Afrique du Nord.
Au XVe Siècle, les Morisques organisent la piraterie, principalement contre le commerce espagnol. Un siècle plus tard, Ferdinand le Catholique fait prendre Alger par Pedro Navarro qui édifia alors le penon (à l’emplacement de l’Amirauté). Ce fort n’a pas pour mission de protéger la ville, mais bien de la menacer, dos à la mer, de la gueule de ses canons.
Alger devint depuis le XVIe Siècle une place forts et un point d’appui important pour l’expansion de l’empire ottoman. La poussée turque vers l’Afrique du Nord trouve des auxiliaires remarquables dans les corsaires, tel le célèbre Kheireddine Barberousse qui s’empara du Penon en 1529 après avoir été sollicité par les Algériens qui voulurent se délivrer de la domination chrétienne.
